Il était un phare et c’était la nuit. Un phare émergeant des débris et des objets cassés, jetés, inutiles. Un phare gardé par un homme isolé et accroché à sa radio qui lui apporte le monde par bribes, par chansons morcelées et discours découpés. C’est seulement quand la solitude et l’obscurité s’épaississent qu’arrivent d’étranges créatures mi-femmes, mi-oiseaux, sirènes déglinguées qui vont réenchanter cet étrange univers.
Les notes et les mots de Bowie, de Nena, de Cesária Évora ou de Balavoine vont s’égrainer dans des tableaux surprenants et fantaisistes, la nuit va passer, l’ombre repoussée par les voix emmêlées de ces chimères.
Sans dialogue mais avec des chansons par dizaines, succès populaires ou pépites rares et revisitées, les Gentils jouent une partition sensible et foutraque où on retrouve leur don inouï pour bricoler, détourner et faire surgir de la beauté là où on ne s’y attend pas.
L’odyssée des Gentils nous donne envie de célébrer la vie autant que l’art d’être ensemble et c’est là leur plus grande réussite.
Vraac